Quelques définitions issues de www.cnrtl.fr :

Musée :
Lieu public qui rassemble et expose des collections d'œuvres d'art, d'objets et de documents qui présentent un intérêt culturel

Poste :
Au plur. Administration publique dont le service principal est l'acheminement et la distribution du courrier, des télégrammes et mandats, de la tenue de comptes d'épargne.

Parc :
Lieu public dans une ville, une commune, constitué par des espaces verts.

Administration :
A. Ensemble des personnes chargées d'administrer, dans les domaines public ou privé.
B. Lieu où se réunit et travaille un ensemble de personnes qui administrent

Théâtre :
Endroit où les acteurs donnent une représentation; spectacle, divertissement présenté au p u b l i c dans cet endroit

Bibliothèque :
Bâtiment, salle où sont déposées, rangées, cataloguées diverses collections de livres, périodiques et autres documents que l e p u b l i c peut, sous certaines conditions, consulter sur place ou emprunter.

Publique :
A. D'État, qui est sous contrôle de l'État, qui appartient à l'État, qui dépend de l'État, géré par l'État.
B. Qui concerne tout un peuple, l'ensemble de la population C. Accessible, ouvert à tous; qui est à l'usage de tous, et dont la gestion, l'entretien revient à l'État ou plus particulièrement aux collectivités locales ou régionales.

Le Projet

Sleeping bag questionne principalement les espaces publics ou plutôt le rapport du public - dans le sens de « la population » - aux espaces qui lui sont dédiés.
Comme on peut le voir dans les définitions ci-dessus, un musée est un espace public, mais quel rapport pouvons- nous avoir avec ces espaces qui nous sont dédiés, mais qui nous sont non-accessibles pendant une bonne période de la journée ?
Le terme de non-accessiblité n’est pas un hasard, puisque le lieu ne subit pas de changement fondamental qui empêcherait son accessibilité.
C’est juste un choix pratique, au mieux, ou de sécurité pour des parcs.

Et ces périodes de non-accessibilité provoquent un autre sentiment auprès de la population,
elles ouvrent une partition de fantasmes, elles développent un imaginaire sur la vie nocturne de ces espaces.

Les espaces publics appartiennent-ils toujours au public ?
D’ailleurs ont-ils appartenu un jour au public, puisque la définition est justement qu’il s’agit d’une régie de l’Etat pour sa population ?

L’axe de travail sur lequel nous nous sommes penchés est :
comment recréer un état de symbiose entre l’espace public et le public.
Nous avons pris l’orientation du syndrome de l’hôtel.
Certaines personnes qui arrivent dans une chambre d’hôtel ont comme réflexe de vider leurs valises pour ranger leurs affaires dans les placards.
Ils s’approprient ainsi d’une certaine manière cet espace qu’ils occupent momentanément, sans pour autant dénaturer le microcosme dans lequel ils viennent d’entrer.
Et le fait de passer une nuit dans cette chambre confirme le lien.
Cela reste une chambre d’hôtel, mais devient « leur chambre d’hôtel », et s’ils reviennent à une autre période, il chercheront d’une manière ou d’une autre à rentrer en contact avec ce qui fut un moment et qui restera pour longtemps « leur chambre d’hôtel ».

Et c’est pour retrouver ce lien entre la population et les espaces publics non-accessibles que nous voulons mettre en place un projet d’occupation de ces lieux la nuit, ou, plus précisément, donner la possibilité au public de passer une nuit d’hôtel dans ces lieux publics.
Un hôtel mobile qui occupe pour un temps déterminé un espace public, et cela sans le dénaturer.
Une nuit qui transformera une bibliothèque ou tout autre espace public en lieu unique.